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Il y a des lustres déjà, un rapport du rectorat concluait que le bâti scolaire se situait " entre l'architecture militaire et l'architecture carcérale".
Or, un Secrétaire d'État aux programmes immobiliers du ministère de la justice a qualifié une prison de "honte de la république", lors d'une visite dans l'île (1). Pourtant, on n'y subit pas de décharge électrique au contact des bâtiments, comme cela arrive à un prisonnier Irakien ou à un élève d'une école communale. Certes, quelques communes ne sont pas la République. Il reste que pour les milliers d'élèves de ces prisons-casernes, "l' école est toute pourrite", comme ils le disent dans les petites classes. Pour leurs parents, elle constitue un lieu dangereux, à l'hygiène dégradée, dépourvu du mobilier, des équipements et des supports d'enseignements de base. Dans ces communes, on apprend souvent à conjuguer clientélisme et caporalisme, tout pour le football et rien pour l'école, génération Papin et génération Papon. Leur prolifération, depuis la loi de décentralisation féodale de 1983, a contribué à l'apparition et à la multiplication de débrayages, de grèves et d'actions spontanées des équipes pédagogiques ou éducatives ou des parents, choses inimaginables il y a vingt ans. Le mauvais traitement des écoliers n'épargne pas la région parisienne : selon une enquête de la FCPE , 40% des élèves se retiennent de fréquenter les sanitaires (2). Par ailleurs, de nombreuses écoles communales ne possèdent toujours ni audiothèque, ni vidéothèque, ni bibliothèque. Alors que la société entre dans la galaxie Bill Gates, certaines écoles n'ont pas fini d'entrer dans celle de Gutenberg et de Pasteur. De fait, bien des écoles nécessitent équipement et entretien sérieux, à l'égal des collèges avec les TOS. Quand on sait qu'un septième adjoint au maire peut annuler une commission de sécurité, on comprend que l'avenir de nombreux élèves a été mis en jeu ces dernières décennies : il a toujours été difficile pour certains élèves, par ailleurs " cocacolisés " par les médias dominants, d'accepter de respecter des locaux en ruine et d'y bien se conduire. C'est un germe important des incivilités, de l'échec scolaire et des mauvaises conduites, tant en société que sur la route. Ainsi, dégrader des écoles, c'est bien sûr devoir agrandir des prisons, mais aussi des hôpitaux. Pour une véritable égalité des chances dans le pays, il faut NATIONALISER tout le système éducatif. Car l'encadrement des obligations des maires reste, à ce jour, une utopie, et c'est ce qui constitue le maillon faible de l'école. P.R. -"Instit simplex".
(1) - Pierre Bédier, maison d'arrêt de Saint-Denis. |